Les 4 principes de la communication non violente

Qu’est-ce que la communication non-violente ?

La communication non-violente est une méthode de communication basée sur le principe de la résolution des conflits… ou a minima de l’évitement des conflits ! Cette technique de Marshall Rosenberg est inspirée de la philosophie de non-violence de Martin Luther King. Les 4 principes de la communication non violente nous apprennent à exprimer avec assurance nos sentiments, besoins et attentes vis-à-vis d’autrui, pour rendre notre vie meilleure. Ils nous enseignent également à réagir avec empathie face à l’agressivité d’autrui.

C’est l’histoire d’une altercation

Voici une histoire personnelle

Je ne suis pas de nature violente dans ma communication. Je pense même avoir un bon sens de l’empathie. Un évènement récent m’a néanmoins incitée à reprendre les bases de la communication non-violente pour mieux gérer certaines situations relationnelles.

Il y a peu, j’ai été impliquée dans une altercation avec un autre habitant de mon immeuble. Il était dans le jardin pour y pratiquer ses techniques de « air-golf » (l’art de frapper dans une balle qui n’existe pas). J’étais dans le jardin également avec mon chéri et mon chat.

Cet homme avait déposé ses écouteurs sur une table du jardin et ses écouteurs pendaient dans le vide. Tous les propriétaires de chats peuvent déjà deviner la suite de l’histoire. Lorsque l’on a un chat, RIEN ne doit pendouiller ! Auquel cas c’est LA mission du chat de l’attraper (et ultimement de le détruire).

Notre chat s’est approché des écouteurs et les a touchés avec une patte. Je suis intervenue immédiatement pour reprendre mon chat. L’histoire aurait dû s’arrêter là…

Quand j’oublie les principes de la communication non-violente…

Le résident s’est emporté et a eu un geste violent à l’égard du chat. C’EN ETAIT TROP. Je passe les détails pour en venir à la conclusion de la discussion. J’ai formulé avec finesse, classe et élégance les mots suivants : « espèce de trou du c*** ! ».

De quoi laisser présager une belle relation de confiance et d’amitié avec cet homme…

Résoudre les conflits grâce aux 4 principes de la communication non-violente

Marshall B. Rosenberg était un psychologue américain qui a développé une approche très simple de la communication non violente dans son livre Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)‘ (en français) ou Nonviolent communication (en anglais).

initiation-a-la-communication-non-violente-marshall-rosemberg-les-mots-sont-des-fenetres

Son livre présente des techniques de communication employées en psychologie, notamment dans le champ des thérapies conjugales et familiales. L’objectif des 4 principes de la communication non violente est de maintenir ou améliorer nos relations en général, qu’il s’agisse de la vie de couple, la vie professionnelle, avec les amis, la famille, les agresseurs de chats, etc.

Cette méthode de réduction des conflits repose sur l’utilisation de la compassion, l’écoute de ses émotions et de ses besoins pas toujours conscients.

Elle s’oppose donc à l’utilisation du jugement qui génère des réactions de défense et de violence, plutôt que de la compassion.

“La non-violence est une arme puissante et juste, qui tranche sans blesser et ennoblit l’homme qui la manie. C’est une épée qui guérit.”

Martin Luther King
Ce que Martin Luther King aurait pu dire: “on ne touche pas à mon chat! 😉

Les 4 principes de la communication non-violente

Principe 1 – Observer la situation

Face à une situation révoltante, prenons le temps d’observer la situation avant de nous emporter. Et mettons-nous en tête que ce n’est pas l’autre qui nous agace, mais la situation.

Pas de jugements, pas de généralisation (tu es TOUJOURS…, il n’est JAMAIS…). Sans critique, il n’y a pas de réaction de défense.

Un proverbe dit que « la capacité à observer sans évaluer est l’une des formes les plus élevées de l’intelligence ». Je suis d’accord avec cela. Il est tellement plus simple de juger que de faire preuve de compassion !

Voici des exemples d’observations :

  • La vaisselle est entassée dans l’évier
  • Mon collègue/ ami a 30 minutes de retard
  • Un homme mime de frapper mon chat et hausse le ton à mon égard

Ce sont des faits.

Principe 2 – Identifier mes sentiments découlant de la situation

Attendons encore un peu avant de nous emporter. Prenons le temps d’identifier les sentiments qui émergent en nous. Il est important de ne pas garder des sentiments en nous, au risque de déclencher un effet cocotte-minute : l’explosion d’une accumulation de sentiments non exprimés.

Voici des exemples d’expression de sentiments :

  • Je suis agacée… d’avoir à faire la vaisselle après une longue journée de boulot
  • J’ai le sentiment que mon collègue/ ami a peu de considération pour moi
  • J’ai peur que l’homme fasse du mal à mon chat  

Principe 3 – Identifier mes besoins qui doivent être couverts

C’est selon moi la partie la plus difficile. Elle consiste à identifier la cause du problème, sans s’accuser ni accuser l’autre !

Souvent, lorsque l’on s’emporte, on considère que tous les torts sont attribuables à autrui. La réalité, c’est que l’on s’énerve parce que l’autre n’a pas répondu à nos besoins. Tout l’enjeu est donc d’identifier nos besoins (puis de les exprimer).

Cela parait simple et évident mais ça ne l’est pas toujours. Ne me dites pas que le suis la seule à parfois m’énerver sans trop savoir pourquoi ?!

C’est un véritable travail d’introspection que d’identifier la cause de nos émotions!

Par exemple :

  • J’ai besoin d’avoir une maison ordonnée et propre
  • J’ai besoin que l’on témoigne de la reconnaissance pour mon travail/ ma personne
  • J’ai besoin que mon chat soit en sécurité dans le jardin

Principe 4 – Formuler une demande claire qui rendra ma vie meilleure

Maintenant que l’on a identifié nos besoins, il ne reste plus qu’à les formuler ! Simple, non ? A nouveau, attention à ne pas blâmer l’autre.

Note personnelle : dans la vie de couple, je croyais que le but était de ne PAS exprimer ses besoins et d’attendre que l’autre les devine ? Non !? Ah ok, au temps pour moi. 😉

Lorsque la requête est formulée clairement et avec compassion, elle génère une réponse de compassion. Idéalement, la requête est positive : ce qui doit être fait plutôt que ce qui ne doit pas être fait. La requête inclut des actions concrètes.

Voici des exemples de formulations claires de besoins :

  • J’aimerais que tu m’aides à faire la vaisselle les jours où je rentre tard du travail
  • J’aimerais que tu arrives à l’heure à nos rendez-vous ou que tu me préviennes suffisamment en avance si tu as du retard.
  • J’aimerais que vous restiez calme avec mon chat et que vous m’appeliez si besoin.

Recapitulons

Au lieu d’initier un conflit conjugal lié à la stagnation de la vaisselle dans l’évier depuis une semaine, on pourrait dire…

« La vaisselle s’accumule dans l’évier depuis une semaine (fait). Je me sens agacée (sentiment) car j’ai besoin que la maison soit ordonnée (besoin). Accepterais-tu d’établir un « planning vaisselle » avec moi de sorte qu’elle soit faite quotidiennement ? (Requête) »

Et si l’on m’agresse ?

AAAhhhh… On a beau y mettre la meilleure volonté du monde, parfois nous sommes victimes d’agressions sans même les avoir sollicitées.

Les principes ci-dessus s’appliquent également mais requièrent de s’entrainer à pratiquer l’empathie. En écoutant avec empathie, on apprend à écouter les émotions, besoins et requêtes de l’autre. L’objectif est d’aider l’autre à les formuler clairement en utilisant des reformulations ou paraphrases.

Pour plus d’information sur l’utilisation de l’empathie en cas d’agression, je vous invite à lire mon article ‘Comment réagir face a une personne en colère’.

Exemple à partir d’un cas réel

Au lieu de qualifier l’homme de trou du c*** suite a l’agression de mon chat et de ma personne, j’aurais pu dire…

… « lorsque mon chat a touché vos écouteurs, vous avez mimé un acte violent à son égard et vous haussez maintenant le ton avec moi. (Fait). Il semblerait que vous ressentiez de la colère. (Sentiments) Pourriez-vous m’en expliquer les causes ? (Question pour identifier les besoins) »

Admettons que l’homme veuille pratiquer l’air-golf sans être dérangé et qu’il n’aime pas les chats.  

« J’entends que vous avez besoin de pratiquer votre activité sans être dérangé et que vous n’êtes pas à l’aise avec les chats. [Reformulation du besoin].  Vous sentiriez-vous plus à l’aise si je rentrais mon chat à la maison le temps de votre pratique de golf ? [Demande de confirmation/ reformulation de la requête] »

PAF ! C’est dans la poche. Non seulement j’aurais gagné l’apaisement d’esprit de savoir mon chat en sécurité, mais j’aurais également établi un dialogue constructif avec cet homme.

Agir avec compassion, c’est avoir des intentions honnêtes !

La communication non-violente se réalise sans ironie !

Par exemple, si je m’étais moquée du fait que l’homme pratique de « l’air-golf » et qu’il a peur des chats, le tout avec un rictus au coin de ma bouche, cela n’aurait pas fonctionné. Les intentions doivent être honnêtes !

Les 4 principes de la communication non violente s’appliquent également avec soi-même

Notre discours intérieur est parfois violent sans même que nous nous en rendions compte : je suis nul(le), pas capable de…, je réagis toujours comme ça, etc.

Il est possible de changer son discours intérieur en suivant les 4 étapes de la communication non violente.

  • 1/ Quels sont les faits ? Ex. : mon chef a refusé mon augmentation
  • 2/ Quelles sont mes émotions ? Ex. : j’ai le sentiment de ne pas être considéré(e) à ma juste valeur.
  • 3/ Quels sont mes besoins à couvrir ? Ex. : j’ai besoin de savoir que mon chef apprécie mon travail, même s’il n’est pas toujours parfait.
  • 4/ Quelle requête permettrait de rétablir un état de bien-être ? Ex. : j’aimerais avoir une discussion avec mon chef pour savoir ce qu’il apprécie dans mon travail et connaitre mes axes d’amélioration. J’aimerais également connaitre la cause du refus de m’augmenter (peut-être que ça n’a rien à voir avec moi !).

Il est crucial de rétablir un dialogue intérieur non violent. Comment peut-on faire preuve de compassion avec autrui quand on ne fait pas preuve de compassion avec soi-même !?

Si vous vous retrouvez dans cette description, alors demandez-vous : quels sont les besoins qui nourrissent votre jugement intérieur ?

Bonne introspection ! 😉  

Si la communication non-violente vous intéresse, retrouvez mes fiches pratiques et exemples concrets, et tentez votre chance au quiz sur la communication non violente !

Et pour approfondir vos connaissances, référez-vous au livre : Les mots sur des fenêtres (ou bien ce sont des murs) (en français) ou Nonviolent communication, a language of life (en anglais).

Partager l'article :
  •  
  •  

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *