Épuisement professionnel | évaluer son burnout

En 2008, alors que j’étais étudiante en Master de Psychologie, j’ai réalisé mon mémoire sur le sujet du burnout. A l’époque, le burnout était un concept relativement récent en France, assimilé à l’épuisement/ le gros craquage professionnel. C’est APRÈS avoir fait mon mémoire sur le burnout que j’ai travaillé en entreprise pendant plusieurs années, histoire d’expérimenter par moi-même, dans la vraie vie, ce que ça fait de faire un burnout 😛 Naaaan, je plaisante. J’ai bien sûr eu des périodes difficiles dans ma vie professionnelle en entreprise, mais je n’ai pas fait de burnout en tant que tel.

Depuis 2008, de l’eau a coulé sous les ponts et il est estimé que près de 7% des salariés, soit 30 000 personnes, sont en souffrance psychologique liée au travail (Institut de Veille Sanitaire, 2015). Pour autant, ce chiffre n’est qu’une estimation, et possiblement bien en-deçà de la réalité, pour la simple et bonne raison que le burnout n’est (toujours) pas reconnu officiellement comme une maladie professionnelle ou comme un trouble mental. Truc de dingue, non ?

Quels sont les signes d’un burnout ?

Le burnout a été pas mal documenté, notamment par Christina Maslach. On associe souvent le burnout à l’épuisement professionnel. Ce n’est pas faux mais c’est incomplet. Selon Maslach, le burnout est constitué de trois composantes : l’épuisement émotionnel, la déshumanisation/ dépersonnalisation, et la réduction du sentiment d’accomplissement de soi (Maslach et al., 1981). Notons qu’il n’y a pas de consensus sur la définition. Pour certains, l’épuisement émotionnel est suffisant (ex. : workaholisme).

Maslach a ainsi créé une échelle de mesure – le MBI pour Maslach Burnout Inventory – qui évalue les trois dimensions du burnout à l’aide d’une vingtaine de questions.

  • Épuisement émotionnel : 9 questions
  • Déshumanisation/ dépersonnalisation : 5 questions
  • Réduction du sentiment d’accomplissement de soi : 8 questions

Pour chaque affirmation proposée, il est possible de répondre de la façon suivante : Jamais / Quelques fois par an / Une fois par mois au moins / Quelques fois par mois / Une fois par semaine / Quelques fois par semaine / Chaque jour.

Ensuite, des scores sont calculés par dimension et permettent d’analyser plus précisément le niveau de burnout et comment il se manifeste. En effet, deux personnes en burnout peuvent expérimenter une sévérité et une typologie différentes des “symptômes”, ainsi que des causes différentes au burnout.

Comment évaluer le burnout ?

Voici ci-dessous les questions de l’échelle MBI d’évaluation du burnout. Attention, pour avoir une analyse officielle et professionnelle des résultats, vous ne pouvez pas le faire vous-même. Pour autant, si le questionnaire ci-dessous vous “parle”, et que vous ressentez une souffrance au quotidien dans votre travail, c’est peut-être le signe qu’il est temps de consulter.

Voici les 22 questions/ affirmations mesurant les niveaux d’épuisement émotionnel, de déshumanisation, et de réduction de l’accomplissement de soi, selon le MBI.

Évaluation de l’épuisement émotionnel

  • Je me sens émotionnellement vidé.e par mon travail
  • Je me sens à bout à la fin de ma journée de travail
  • Je me sens fatigué.e lorsque je me lève le matin et que j’ai à affronter une autre journée de travail
  • Travailler avec des gens tout au long de la journée me demande beaucoup d’efforts
  • Je sens que je craque à cause de mon travail
  • Je me sens frustré.e par mon travail
  • Je sens que je travaille « trop dur » dans mon travail
  • Travailler en contact direct avec les gens me stresse trop
  • Je me sens au bout du rouleau

Évaluation de la déshumanisation, dépersonnalisation, et perte d’empathie

  • Je sens que je m’occupe de certains patients/ clients/ élèves, etc. de façon impersonnelle, comme s’ils étaient des objets
  • Je suis devenu.e plus insensible aux gens depuis que j’ai ce travail
  • Je crains que ce travail ne m’endurcisse émotionnellement
  • Je ne me soucie pas vraiment de ce qui arrive à certains de mes patients/ clients/ élèves, etc.
  • J’ai l’impression que certains de mes patients/ clients/ élèves me rendent responsable de certains de leurs problèmes

Évaluation de la réduction l’accomplissement de soi

  • Je peux comprendre facilement ce que mes patients/ clients/ élèves ressentent
  • Je m’occupe très efficacement des problèmes de mes patients/ clients/ élèves
  • J’ai l’impression à travers mon travail d’avoir une influence positive sur les gens
  • Je me sens plein.e d’énergie
  • J’arrive facilement à créer une atmosphère détendue avec mes patients/ clients/ élèves
  • Je me sens reboosté.e lorsque dans mon travail j’ai été proche de patients/ clients/ élèves
  • J’ai accompli beaucoup de choses qui en valent la peine dans ce travail
  • Dans mon travail, je traite les problèmes émotionnels très calmement

D’où vient le burnout ?

Les diverses sources de stress au travail sont la cause principale dans l’apparition du burnout, suivies par les traits de personnalité. Selon certains auteurs, les facteurs personnels entreraient en compte dans 30% a 40% des causes de l’épuisement professionnel, et les facteurs liés au travail lui-même dans 60 à 70%.

Pourquoi faut-il prendre en charge le burnout ?

La dimension d’épuisement et de fatigue serait celle qui aurait la prédictive péjorative la plus importante. La fatigue chronique pourrait évoluer vers des troubles anxiodépressifs avec d’abord une baisse de l’estime de soi. Les sujets en burnout adoptent souvent des conduites d’automédication avec des psychostimulants (amphétamines, cocaïne, caféine) pour tenter de recouvrer un niveau élevé de performances professionnelles, de l’alcool et des anxiolytiques pour réduire l’angoisse. La présence de conduites addictives ou de manifestations somatiques (hypertension artérielle, douleurs chroniques, etc.) est tantôt considérée comme élément constitutif du burnout, tantôt comme complication.

Une prise en charge précoce du burnout permet donc de prévenir – ou a minima  de modérer – les effets délétères du stress professionnel sur la santé physique et mentale. A ce titre, la pratique du yoga, et notamment le Yoga Hatha ou le Yoga Yin, est recommandée ! Le Yoga Yin est notamment preconisé lorsque l’epuisement est déjà bien installé. Même une routine quotidienne de 10 minutes apporte des bienfaits au corps et au mental !

Pour aller plus loin, avec un peu de légèreté: Si l’on se force dans son travail, ce n’est pas le bon !

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